The pragmatic and textual dimensions of French in Côte d'Ivoire

Researcher:

Adama Drabo

Research Area:

B


Les études linguistiques menées après la période coloniale sur les français en Afrique subsaharienne ont mis en évidence leur dynamisme (Lafage : 1990 ; Abolou : 1994, 2012 ; Krol : 1995 ; Kouadio : 1998, 1999, 2006 ; Tsofack : 2010 ; Klaeger : 2010…). Il ressort de ces travaux que les français africains sont des restructurations du français standard par ses ‘nouveaux’ locuteurs (Drescher & Neumann-Holzschuh, 2010 ; Ploog, 2010 ; Boukari, 2010).
Si, tous s’accordent à justifier les variations du français en Afrique par l’incapacité du français standard à traduire certaines réalités des locuteurs africains, ils restent cependant muets quant aux substances communicatives et expressives de chacune de ces réalités. Nous avons donc voulu combler cette lacune. Ainsi, notre objectif vise à déterminer les différents besoins communicatifs et expressifs non satisfaits par le français standard. Selon les hypothèses que nous privilégions ces besoins sont en rapport avec les variations d’ordre stylistique et syntaxique. De fait, notre étude articule ensemble les domaines linguistiques et pragmatiques. Le volet linguistique s’appuie sur les approches fonctionnalistes d’André Martinet (1960, 1972) et de Creissels (1996, 2006).Quant au volet pragmatique, elle s’inspire de la vision de Maingueneau & Charaudeau (2002) qui s’est développée à partir de la théorie des Actes de langage (Austin, 1970, Searle, 1972).
Par souci d’efficacité et de précision, nous avons restreint notre champ d’investigation au cas spécifique de la Côte d’Ivoire. Nous optons pour le français tel que parlé par les acteurs du téléfilm brouteurs.com. Ce choix se justifie par le fait qu’il est très difficile de recueillir des données authentiques des brouteurs car la cybercriminalité est un délit. De plus, la langue pratiquée dans ces films est le reflet des manifestations du français ivoirien dans les situations réelles de communication. Néanmoins, notre corpus sera enrichi par des énoncés authentiques recueillis au moyen d’interviews accordées aux acteurs du téléfilm en question. Cela nous permettra de comparer éventuellement ces deux catégories de corpus pour en tirer les conclusions qui s’imposent.
Notre démarche méthodologique se décompose en quatre étapes : la collecte des données (corpus), la transcription, l’analyse et l’interprétation. La première (déjà effectuée) a consisté à recueillir sur supports numériques les 20 premiers épisodes du téléfilm. Chaque téléfilm dure 25 minutes. Soit au total 8 heures 33 minutes de données. La seconde étape a démarré et se poursuit avec la transcription du cinquième épisode grâce au logiciel SIL ‘’toolbox’. Cette phase devrait prendre fin avant le début de la bourse. Quant aux deux dernières étapes, elles seront réalisées à Bayreuth si nous parvenons à acquérir la bourse.